Tous les articles par enrouteaveceappi

Nouveau blog

Depuis novembre 2017, tous les accompagnateurs/-trices œcuméniques suisses (EAs) écrivent sur le même blog: eappiswitzerland.

Rendez-vous donc sur cette page pour les articles plus récents!

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La formation en Palestine

Yanoun est un petit village au sud de Naplouse et compte environ 80 habitants. Hala, une habitante du village, est la fille de Yassir et Wasfia. Elle est diplômée de l’Université de Naplouse en chimie appliquée. Son grand frère est ingénieur et travaille à Riad. Son petit frère étudie l’informatique dans la même université, et le plus jeune de la famille commencera ses études cet automne. La famille vit de l’agriculture, elle possède un petit troupeau de moutons, quelques poules et un petit terrain avec des oliviers. La formation est importante. Les chances de trouver un travail après les études est faible. Hala cherche une place de travail depuis dix mois. En attendant, elle produit des savons et des crèmes dans la maison de sa famille. Lire la suite La formation en Palestine

Happy End in the Holy Land?

“They are so happy”, tells me our driver.” Why?” I ask back. “Because the settlers did nothing when they saw you”.

Dear Readers, I must confess, my thoughts were mixed in that moment. It went well, I thought, but what if the settlers had started to hit? We would not been able to protect the shepherds. EA’s do not intervene, we are there, protect with our sheer presence, and observe, but we do not engage. From a human point of view, it is not always easy to deal in certain situations with this rule, but this rule has made possible to protect  many people for many years. Protective presence does work, as the following story will show you. The settlers did not attack, because we were there. May we have a happy end in the holy land? Lire la suite Happy End in the Holy Land?

I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

Ce blog est habituellement tenu par les accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques. Aujourd’hui, nous aimerions partager exceptionnellement avec vous cet article de l’auteur israélien Etgar Keret sur l’usage des étiquettes et des mots, afin de mettre en lumière la difficulté d’écrire sur la situation en Israël et Palestine sans tomber dans des débats stériles. Cet article est paru en allemand dans la NZZ du 11 juillet 2016 (« Wenn die Wörter das Denken verstellen ». Nous publions ici la version initiale anglaise parue le 24 juin 2016 dans The New York Times

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I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

TEL AVIV — I was recently honored to learn that I had won the Charles Bronfman Prize. It’s an award that recognizes humanitarian work inspired by Jewish values, and I was overwhelmed and thrilled to receive it. Several news outlets reported on the announcement, and one headline in particular caught my attention: “Anti-Israel Author Etgar Keret Awarded Bronfman Prize,” proclaimed FrontPage Mag, a conservative website.

As I perused the article and the online comments (debating the best way to connect with my books, one reader suggested throwing them in the toilet and flushing them with urine), I found myself contemplating the term “anti-Israel.” Apparently a person cannot engage in Middle Eastern political issues without being quickly labeled “anti-Israeli” or “anti-Palestinian” (or sometimes, if his or her opinions are complicated enough, both). Lire la suite I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

Espoir démoli

Non, il ne s’agit pas d’un tremblement de terre, mais bien d’un appartement démoli durant la nuit par les militaires israéliens. Preuves en sont les marques de démolition sprayées sur le mur restant.

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Vers 1h30 du matin, le 3 mai 2016, une centaine de soldats israéliens accompagnés d’ingénieurs de l’armée sont arrivés vers un immeuble de huit étages, près du puits de Jacob à Naplouse. A l’aide de grosses foreuses, les ingénieurs ont détruit tous les murs intérieurs de l’appartement, ont enlevé les portes ainsi que les cadres des fenêtres. Ils sont repartis au bout de trois heures et demi, laissant derrière eux un amas de décombres et des câbles électriques pendant au plafond.

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Deux femmes bédouines, une seule histoire…

Maliha a mis sa plus belle robe pour notre rencontre: elle est longue et noire avec la broderie rouge typique sur le plastron de poitrine, et une bordure argentée en bas des longues manches. Un simple voile noir recouvre sa tête, mais pas son visage avenant. Malheureusement, nous n’avons pas le droit de la prendre en photo, mais l’image de la femme digne qui est tranquillement assise en face de nous, restera encore longtemps dans nos mémoires.

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Duma: l’horreur continue

L’attaque atroce qui s’est déroulée à Duma, dans le nord de la Cisjordanie, le 31 juillet 2015 et qui a tué un bébé et ses parents a marqué les esprits¹. L’histoire a failli se répéter dimanche dernier: un cocktail Molotov aurait été jeté au milieu de la nuit dans la chambre du témoin principal de cette affaire. Lire la suite Duma: l’horreur continue

Travail syndical sous occupation – rencontre avec des syndicalistes du secteur public

Aujourd’hui, mes collègues EAs Gordon et Dag se rendent à Naplouse ; ils bravent cette pluie battante qui est une specialité de la Palestine hivernale pour un rendez-vous exceptionnel avec des responsables de syndicats des services publics, afin de se faire une idée du travail syndical dans les conditions tout à fait particulières de l’occupation israélienne.

Naplouse est d’orgine romaine, mais elle a été marquée par la conquête arabe, les croisés, les Mamelouks, les Ottomans et les Britanniques. L’histoire récente est mouvementée: depuis la partition de la Palestine en 1947, elle fait partie de la Cisjordanie. Après la Guerre des Six Jours elle est tombée sous administration israélienne, et de nombreuses colonies juives ont été fondées autour de la ville. Mais les Accords d’Oslo ont finalement attribué la ville à l’administration palestinienne en décembre 1995.

Ville industrielle, Naplouse est bouillonnante d’activités. Il y a six hôpitaux, 200.000 étudiants à l’université et quatre camps de réfugiés. La ville est entourée de 12 colonies israéliennes et de 18 outposts avec toutes les mesures de securité qui caractérisent une telle configuration.

Les 400.000 habitants de Naplouse essayent de survivre et de travailler du mieux qu’ils peuvent. Et qui dit travailler dit aussi s’organiser syndicalement, car dans toute société démocratique, les citoyens ont le droit de se réunir librement pour développer une action collective (OIT, Normes du travail).

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Vivre à proximité d’une colonie

Quand Abu Jabari a voulu faire paître ses chèvres et ses moutons samedi matin, 5 mars 2016, des soldats sont arrivés et ont menacé de tirer sur les bêtes s’il ne quittait pas immédiatement les lieux. Le berger leur a répondu que ces terres lui appartenaient puis, il a sifflé son troupeau pour l’emmener brouter plus loin.

Depuis 2001, la famille Jabari mène un combat juridique afin de récupérer ses terres usurpées par les colons. Leur propriété se trouve à « Wadi al Husein », une vallée cultivée par des familles palestiniennes se situant proche du centre ville historique d’Hébron. Deux colonies israéliennes, Kyriat Arba et Givat Ha’avot surplombent la vallée.

Map Hebron
Carte de l’UNOCHA, Atlas 2015.

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Firing Zone 918: démolitions très médiatiques…

Dans mon dernier article (Firing Zone 918: batailles juridiques), je relatais notre visite à Jinba au début de ce mois de février, et racontais le combat juridique et les destructions récentes. Au-delà de la situation très difficile de ce village, cet épisode a aussi soulevé des interrogations sur le rôle et les méthodes des médias.

Le 2 février, alors que nous roulons dans le 4×4 qui nous emmène sur une piste cahoteuse au sud de la «Firing Zone 918»(1), nous stoppons à Susiya où un groupe d’activistes de B’Tselem, de journalistes et de photographes nous attend. Une journaliste française nous a rejoints dans le 4×4. Elle déplie une petite carte, essaye de se repérer; visiblement, elle n’est jamais venue ici. Elle téléphone pour donner des nouvelles sur son avancement, essaye de rester ‘cool’.

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