Archives pour la catégorie Israël

I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

Ce blog est habituellement tenu par les accompagnateurs et accompagnatrices œcuméniques. Aujourd’hui, nous aimerions partager exceptionnellement avec vous cet article de l’auteur israélien Etgar Keret sur l’usage des étiquettes et des mots, afin de mettre en lumière la difficulté d’écrire sur la situation en Israël et Palestine sans tomber dans des débats stériles. Cet article est paru en allemand dans la NZZ du 11 juillet 2016 (« Wenn die Wörter das Denken verstellen ». Nous publions ici la version initiale anglaise parue le 24 juin 2016 dans The New York Times

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I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

TEL AVIV — I was recently honored to learn that I had won the Charles Bronfman Prize. It’s an award that recognizes humanitarian work inspired by Jewish values, and I was overwhelmed and thrilled to receive it. Several news outlets reported on the announcement, and one headline in particular caught my attention: “Anti-Israel Author Etgar Keret Awarded Bronfman Prize,” proclaimed FrontPage Mag, a conservative website.

As I perused the article and the online comments (debating the best way to connect with my books, one reader suggested throwing them in the toilet and flushing them with urine), I found myself contemplating the term “anti-Israel.” Apparently a person cannot engage in Middle Eastern political issues without being quickly labeled “anti-Israeli” or “anti-Palestinian” (or sometimes, if his or her opinions are complicated enough, both). Lire la suite I’m Not Anti-Israel, I’m Ambi-Israel

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Deux femmes bédouines, une seule histoire…

Maliha a mis sa plus belle robe pour notre rencontre: elle est longue et noire avec la broderie rouge typique sur le plastron de poitrine, et une bordure argentée en bas des longues manches. Un simple voile noir recouvre sa tête, mais pas son visage avenant. Malheureusement, nous n’avons pas le droit de la prendre en photo, mais l’image de la femme digne qui est tranquillement assise en face de nous, restera encore longtemps dans nos mémoires.

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Welcome back, Nasser!

26 janvier 2016, 11h du matin, Yatta. Quelqu’un frappe énergiquement à la porte de notre appartement EAPPI frigorifié en raison des fortes chutes de neige. Mon collègue, trop content de cette interruption bienvenue de nos routines anti-froid fraîchement établies, s’empresse d’ouvrir la porte. C’est Nasser Nawajah, notre propriétaire, activiste des droits de l’Homme de l’organisation israélienne B’Tselem et un des leaders de la communauté villageoise de Susiya! Quelle surprise et quelle joie! Nous l’installons sans tarder auprès du feu où il accepte volontiers une tasse de thé sucré avant de se mettre à nous raconter les événements des derniers jours, en commençant avec ce qui ressemble à une « happy end » : sa libération de prison hier par le tribunal militaire d’Ofer!

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Lors de son retour à Yatta, Nasser raconte son odyssée à travers le système judiciaire israélien ©Veronika/EAPPI/2016

Son histoire se lit comme une « étude sur le système judiciaire israélien, ou plutôt sur l’occupation militaire » (http://972mag.com/israeli-police-smuggle-palestinian-suspect-out-of-the-country/116167/):

Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2016, entre 1h et 2h du matin, le campement bédouin de Susiya est brutalement arraché au sommeil: environ 20 jeeps militaires, nombre de soldats israéliens lourdement armés et masqués envahissent le campement, éclairant les tentes de puissants projecteurs. Un frère de Nasser est réveillé le premier et harcelé par les soldats qui le prennent pour Nasser. Dès que l’erreur est manifeste, les soldats abordent Nasser, qui aurait préféré une convocation plus formelle pour se présenter à la police. Au lieu de cela, il est menotté devant sa femme, ses enfants terrorisés, aux yeux de toute la famille pour être emmené personne ne sait où.

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Ta’ayush ou une étonnante action de solidarité…

Ce matin, nous partons de nouveau avec notre chauffeur dans les collines du sud d’Hébron. Après une demi-heure de voyage sur des pistes cahoteuses – il faut éviter la belle voie rapide qui est réservée aux Israéliens et prendre des chemins de terre qui la contournent – nous arrivons presqu’en haut d’une large colline pierreuse à la maigre végétation. Notre chauffeur nous pose à côté d’un petit campement palestinien et nous invite à poursuivre à pied jusqu’au lieu de rassemblement hebdomadaire en haut de la colline où nous avons rendez-vous. Il fait souvent cela: rester en retrait pour éviter tout contact avec d’éventuels soldats de l’IDF1.

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De l’usage politique de l’archéologie en Israël

Protestinfo – Chroniques – 18 juin 2015

Protestinfo donne régulièrement carte blanche à des personnalités réformées. Muriel Schmid (Christian Peacemaker Team) et Emilie Converset (Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël – EAPPI) ouvrent une réflexion sur les enjeux autour de l’archéologie biblique.

Comme le rappelait le Professeur Thomas Römer dans un récent article consacré à la reconnaissance de son travail biblique par l’Université de Tel-Aviv, «l’archéologie nécessite un travail d’interprétation». Or cette interprétation, dans le contexte extrêmement complexe du conflit israélo-palestinien, court le risque de dépendre des objectifs politiques du gouvernement qui la finance.

Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, le discours historique et identitaire d’Israël met en avant la présence du peuple israélite en Judée et Samarie bien avant celle d’autres peuples, qui seraient, eux, arrivés ultérieurement. Certaines écoles d’archéologie se sont ainsi attelées à fouiller la terre afin de redécouvrir ces vestiges de l’époque biblique, une tâche somme toute légitime du travail archéologique. Dans le contexte d’occupation actuel, l’archéologie se voit parfois cependant instrumentalisée par le politique afin de justifier non seulement la présence historique du peuple juif en terre sainte, mais bien davantage l’occupation de la Cisjordanie, considérée par une partie des Israéliens comme appartenant au Grand Israël, Eretz Israel. Au-delà des vestiges bibliques, les fouilles archéologiques sont alors menées dans l’intention d’acquérir des terres convoitées.

Photo: Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya.  ©qantara.de
Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya ©qantara.de

A Susya, par exemple, petit village palestinien situé dans les collines du sud d’Hébron (Cisjordanie), les ordres de démolition des installations électriques et d’amenée d’eau du village sont justifiés par l’intérêt archéologique de la région.

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