Archives pour la catégorie South Hebron Hills

Plongée dans la vie d’une accompagnatrice oecuménique

Nous venons d’arriver à Yatta. «Nous», c’est la nouvelle équipe d’EAPPI qui sera basée dans les collines au sud d’Hébron de décembre 2015 à fin février 2016. Si Yatta se trouve en Zone A, en principe dirigée entièrement par l’Autorité palestinienne, notre activité va se concentrer sur la Zone C, qui est régie par l’autorité militaire israélienne. Nous allons accompagner les familles qui vivent dans différents villages dans cette zone, et qui souffrent de l’occupation à tous les niveaux de leur vie quotidienne: accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, à leurs champs et à leurs pâturages, sans parler des colons israéliens qui peuvent s’avérer agressifs voire violents…

Cet après-midi, nous voilà – mon collègue Gordon du Canada, Veronica de l’équipe sortante, et moi-même – en chemin vers Shi’b Al Butum, sur une piste qui met la voiture de notre chauffeur palestinien à rude épreuve; nous remarquons des oliveraies remarquablement entretenues. Le moindre lopin de terre est cultivé, et si le tracteur ne passe pas, on laboure avec l’âne, comme ici. Nous devons arriver de jour, c’est essentiel, car il faut faire un petit tour pour que les habitants de la colonie israélienne d’Avigayil toute proche nous voient bien. Cela s’appelle « protective presence» et fait partie de notre mandat.

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Le campement de Mohamed @EAPPI2015

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« Notre présence est un gage de sécurité »

Après plus de quatre mois 2015_08-29_ImpartialExpress_Notre présence est un gage de sécurité_C.Imsandpassés dans les collines du Sud d’Hébron, mais aussi dans le nord de la Cisjordanie et la Vallée du Jourdain, Markus Schnetzer fait le point sur son engagement en tant qu’observateur du programme EAPPI

Intreview de Christiane Imsand paru le 29 août 2015 dans l’Impartial/Express, le Nouvelliste, le Journal du Jura et La Liberté:

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Une nuit interminable

Malgré les efforts de la Communauté internationale pour sauver Susiya de la démolition, nous avons vu arriver des bulldozers ce vendredi. Ils les ont parqués à la base militaire israélienne qui se situe à quelques kilomètres du village.

Transport de bulldozers ©Lorena/EAPPI/2015
Transport de bulldozers ©Lorena/EAPPI/2015

Lundi après-midi, j’étais en train de préparer mon sac pour passer la nuit à Susiya lorsqu’on nous a téléphoné pour nous mettre en garde ; des rumeurs courraient comme quoi l’armée allait arriver à l’aube du jour suivant pour entamer la démolition du village.

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Susiya, le petit village qui défie Israël

Je suis de retour en Palestine depuis quelques jours, sur demande d’EAPPI et de Peace Watch Switzerland. Je fais partie d’une équipe qui assure une présence constante dans le village de Susiya, qui risque d’être démoli. Susiya est une petite communauté de bergers et d’agriculteurs, soit environ 350 personnes établies dans les collines du Sud d’Hébron.

Actuellement, un réel danger plane sur la communauté. Toutes les habitations de Susiya ainsi que 42 structures, parmi lesquelles l’école du village, le centre culturel, le cabinet médical et les panneaux solaires financés par des agences de coopération Internationale, risquent d’être démolies. Le 4 mai 2015, après une bataille qui a traîné sur plusieurs années, la Cour suprême d’Israël a donné à l’armée et à l’Administration civile (l’organisme israélien qui gère la zone C de Cisjordanie, soit le 60% du territoire) l’autorisation de détruire le village.

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De l’usage politique de l’archéologie en Israël

Protestinfo – Chroniques – 18 juin 2015

Protestinfo donne régulièrement carte blanche à des personnalités réformées. Muriel Schmid (Christian Peacemaker Team) et Emilie Converset (Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël – EAPPI) ouvrent une réflexion sur les enjeux autour de l’archéologie biblique.

Comme le rappelait le Professeur Thomas Römer dans un récent article consacré à la reconnaissance de son travail biblique par l’Université de Tel-Aviv, «l’archéologie nécessite un travail d’interprétation». Or cette interprétation, dans le contexte extrêmement complexe du conflit israélo-palestinien, court le risque de dépendre des objectifs politiques du gouvernement qui la finance.

Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, le discours historique et identitaire d’Israël met en avant la présence du peuple israélite en Judée et Samarie bien avant celle d’autres peuples, qui seraient, eux, arrivés ultérieurement. Certaines écoles d’archéologie se sont ainsi attelées à fouiller la terre afin de redécouvrir ces vestiges de l’époque biblique, une tâche somme toute légitime du travail archéologique. Dans le contexte d’occupation actuel, l’archéologie se voit parfois cependant instrumentalisée par le politique afin de justifier non seulement la présence historique du peuple juif en terre sainte, mais bien davantage l’occupation de la Cisjordanie, considérée par une partie des Israéliens comme appartenant au Grand Israël, Eretz Israel. Au-delà des vestiges bibliques, les fouilles archéologiques sont alors menées dans l’intention d’acquérir des terres convoitées.

Photo: Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya.  ©qantara.de
Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya ©qantara.de

A Susya, par exemple, petit village palestinien situé dans les collines du sud d’Hébron (Cisjordanie), les ordres de démolition des installations électriques et d’amenée d’eau du village sont justifiés par l’intérêt archéologique de la région.

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Le village qui n’a pas le droit d’en être un depuis 30 ans

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Susiya dans les South Hebron Hills: un mélange coloré de tentes, réservoirs d’eau et panneaux solaires ©Marcus/EAPPI/2015

L’histoire de Susiya dans les collines du Sud d’Hébron (South Hebron Hills)

Pour être exact, c’est l’histoire de deux villages qui portent tous deux le même nom. Situé dans les territoires occupés des collines du Sud d’Hébron,  Susiya est à la fois le nom d’un village palestinien établi en 1830, mais aussi d’une colonie israélienne établie en 1983.

L'élevage de moutons et l'agriculture sont les bases de la survie des populations vivants dans les douces collines du sud
L’élevage de moutons et l’agriculture sont les bases de la survie des populations vivants dans les collines du Sud ©Marcus/EAPPI/2015

L’histoire commence ainsi:

En 1982, l’armée israélienne entrait au Liban. Dans un petit village du sud de la Palestine, Nasser Nawaja vient au monde. Septième enfant de sa mère, il restera toujours son fils favori. La famille vit depuis des générations d’agriculture et de l’élevage de moutons sur cette terre aride.

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Sud de la Cisjordanie

Bethléem, Hébron et les South Hebron Hills (SHH) sont situés dans le Sud de la Cisjordanie. Dans cette région, l’expansion des colonies illégales israéliennes pose des problèmes particuliers aux Palestinien-nes vivant dans le sud de la Cisjordanie. Les problèmes d’accès à la terre pour les agriculteurs et les bergers, la démolition de maisons et d’infrastructures, les déplacements forcés de familles, la confiscation de terres et la violence des colons sont quelques-unes des problématiques liées à l’extension de ces colonies. Les incursions militaires et les raids à des fins d’arrestation sont un des autres problèmes majeurs.

Hébron a été divisée en deux dans le cadre du Protocole d’Hébron. Depuis, la partie abritant les colonies israéliennes, au centre même de le vieille ville, est sous contrôle israélien. Cette situation est synonyme de fortes limitations pour la population palestinienne et des attaques ont lieu quotidiennement contre les Palestiniens vivant à proximité immédiate des colonies. L’une des priorités de l‘équipe d’EAPPI, est l’accès à l’éducation. Elle accompagne notamment de jeunes enfants afin de leur permettre de traverser les checkpoints militaires et de limiter le harcèlement qu’ils subissent de la part des colons et de leurs enfants.

La construction du mur et l’extension des colonies israéliennes sur les terres des villages avoisinnants ceinturent aujourd’hui pratiquement Bethléem, la coupant notamment de Jérusalem, située à quelques kilomètres. La ville abrite par ailleurs trois importants camps de réfugiés. L’équipe d’EAPPI assure une présence aux checkpoints, accompagne des habitant-e-s des villages environnants lors d’actions non-violentes contre les destructions d’habitations par l’armée israélienne ou contre le mur israélien et accompagne des écoliers à travers les checkpoints.

La région des South Hebron Hills est quasiment entièrement contrôlée par Israël (Zone C). On y trouve notamment de nombreuses zones militaires. Cette situation limite fortement la liberté de mouvement et les droits d’utilisation du sol de la population palestinienne. Régulièrement, l’armée israélienne détruit des habitations, des citernes et même des tentes. La population est également sans défense face aux attaques violentes de colons. L’équipe d’EAPPI offre une présence et documente les cas lors de destructions d’habitations et d’attaques de colons, parfois en collaboration avec des organisations israéliennes pour la paix ou le UNOHCR.

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L’équipe EAPPI de Bethléhem longe le mur pour se rendre auprès d’une famille dont la maison est cernée par la construction ©EAPPI/2014

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