Archives du mot-clé Confiscation des terres

Susiya, ou le calme avant la tempête

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Un buisson de thym

Autour de nous, un paysage de collines arides, dont la végétation trahit les limites toutes proches du désert du Néguev, à quelques kilomètres au sud. Des buissons qui ressemblent à des grillages, des restes de fleurs sèches aux piquants agressifs, des mottes d’herbes cassantes jaunies au soleil. Et un peu partout, des nids de thym qui projettent leur puissant arôme dans l’air environnant. Ce même thym (zatar en arabe) utilisé pour le savoureux thé si sucré consommé dans toute la région. Lire la suite Susiya, ou le calme avant la tempête

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Deux femmes bédouines, une seule histoire…

Maliha a mis sa plus belle robe pour notre rencontre: elle est longue et noire avec la broderie rouge typique sur le plastron de poitrine, et une bordure argentée en bas des longues manches. Un simple voile noir recouvre sa tête, mais pas son visage avenant. Malheureusement, nous n’avons pas le droit de la prendre en photo, mais l’image de la femme digne qui est tranquillement assise en face de nous, restera encore longtemps dans nos mémoires.

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Vivre à proximité d’une colonie

Quand Abu Jabari a voulu faire paître ses chèvres et ses moutons samedi matin, 5 mars 2016, des soldats sont arrivés et ont menacé de tirer sur les bêtes s’il ne quittait pas immédiatement les lieux. Le berger leur a répondu que ces terres lui appartenaient puis, il a sifflé son troupeau pour l’emmener brouter plus loin.

Depuis 2001, la famille Jabari mène un combat juridique afin de récupérer ses terres usurpées par les colons. Leur propriété se trouve à « Wadi al Husein », une vallée cultivée par des familles palestiniennes se situant proche du centre ville historique d’Hébron. Deux colonies israéliennes, Kyriat Arba et Givat Ha’avot surplombent la vallée.

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Carte de l’UNOCHA, Atlas 2015.

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Ta’ayush ou une étonnante action de solidarité…

Ce matin, nous partons de nouveau avec notre chauffeur dans les collines du sud d’Hébron. Après une demi-heure de voyage sur des pistes cahoteuses – il faut éviter la belle voie rapide qui est réservée aux Israéliens et prendre des chemins de terre qui la contournent – nous arrivons presqu’en haut d’une large colline pierreuse à la maigre végétation. Notre chauffeur nous pose à côté d’un petit campement palestinien et nous invite à poursuivre à pied jusqu’au lieu de rassemblement hebdomadaire en haut de la colline où nous avons rendez-vous. Il fait souvent cela: rester en retrait pour éviter tout contact avec d’éventuels soldats de l’IDF1.

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Plongée dans la vie d’une accompagnatrice oecuménique

Nous venons d’arriver à Yatta. «Nous», c’est la nouvelle équipe d’EAPPI qui sera basée dans les collines au sud d’Hébron de décembre 2015 à fin février 2016. Si Yatta se trouve en Zone A, en principe dirigée entièrement par l’Autorité palestinienne, notre activité va se concentrer sur la Zone C, qui est régie par l’autorité militaire israélienne. Nous allons accompagner les familles qui vivent dans différents villages dans cette zone, et qui souffrent de l’occupation à tous les niveaux de leur vie quotidienne: accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, à leurs champs et à leurs pâturages, sans parler des colons israéliens qui peuvent s’avérer agressifs voire violents…

Cet après-midi, nous voilà – mon collègue Gordon du Canada, Veronica de l’équipe sortante, et moi-même – en chemin vers Shi’b Al Butum, sur une piste qui met la voiture de notre chauffeur palestinien à rude épreuve; nous remarquons des oliveraies remarquablement entretenues. Le moindre lopin de terre est cultivé, et si le tracteur ne passe pas, on laboure avec l’âne, comme ici. Nous devons arriver de jour, c’est essentiel, car il faut faire un petit tour pour que les habitants de la colonie israélienne d’Avigayil toute proche nous voient bien. Cela s’appelle « protective presence» et fait partie de notre mandat.

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Le campement de Mohamed @EAPPI2015

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Bethléem- une histoire de Noël revisitée

Pour participer au recensement demandé par Hérode, Marie et Joseph ont suivi l’étoile des bergers et quitté Nazareth pour se rendre à Bethléem. S’ils vivaient aujourd’hui, en 2015, outre les difficultés du voyage et la grossesse de Marie, ils rencontreraient un autre obstacle, le mur. Lire la suite Bethléem- une histoire de Noël revisitée

E1 – la fin du rêve d’un Etat palestinien

L’équipe de Jérusalem d’EAPPI – dont une volontaire suisse fait actuellement partie – a récemment publié un article sur le blog d’EAPPI concernant les évolutions dans la zone E1. Cette zone située entre Jérusalem-Est et Jéricho subit de nombreuses destructions d’infrastructure. Si les colonies israéliennes déjà nombreuses dans cette zone s’étendent, la Cisjordanie serait définitivement coupé en deux: la fin du rêve d’un Etat palestinien:

E1 The End of the Dream for a Palestinian State/

Retrouvez d’autres articles de nos deux volontaires actuellement sur le terrain sur notre blog en allemand  :

https://unterwegsmiteappi.wordpress.com/

Une nuit interminable

Malgré les efforts de la Communauté internationale pour sauver Susiya de la démolition, nous avons vu arriver des bulldozers ce vendredi. Ils les ont parqués à la base militaire israélienne qui se situe à quelques kilomètres du village.

Transport de bulldozers ©Lorena/EAPPI/2015
Transport de bulldozers ©Lorena/EAPPI/2015

Lundi après-midi, j’étais en train de préparer mon sac pour passer la nuit à Susiya lorsqu’on nous a téléphoné pour nous mettre en garde ; des rumeurs courraient comme quoi l’armée allait arriver à l’aube du jour suivant pour entamer la démolition du village.

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Susiya, le petit village qui défie Israël

Je suis de retour en Palestine depuis quelques jours, sur demande d’EAPPI et de Peace Watch Switzerland. Je fais partie d’une équipe qui assure une présence constante dans le village de Susiya, qui risque d’être démoli. Susiya est une petite communauté de bergers et d’agriculteurs, soit environ 350 personnes établies dans les collines du Sud d’Hébron.

Actuellement, un réel danger plane sur la communauté. Toutes les habitations de Susiya ainsi que 42 structures, parmi lesquelles l’école du village, le centre culturel, le cabinet médical et les panneaux solaires financés par des agences de coopération Internationale, risquent d’être démolies. Le 4 mai 2015, après une bataille qui a traîné sur plusieurs années, la Cour suprême d’Israël a donné à l’armée et à l’Administration civile (l’organisme israélien qui gère la zone C de Cisjordanie, soit le 60% du territoire) l’autorisation de détruire le village.

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De l’usage politique de l’archéologie en Israël

Protestinfo – Chroniques – 18 juin 2015

Protestinfo donne régulièrement carte blanche à des personnalités réformées. Muriel Schmid (Christian Peacemaker Team) et Emilie Converset (Programme d’accompagnement œcuménique en Palestine et Israël – EAPPI) ouvrent une réflexion sur les enjeux autour de l’archéologie biblique.

Comme le rappelait le Professeur Thomas Römer dans un récent article consacré à la reconnaissance de son travail biblique par l’Université de Tel-Aviv, «l’archéologie nécessite un travail d’interprétation». Or cette interprétation, dans le contexte extrêmement complexe du conflit israélo-palestinien, court le risque de dépendre des objectifs politiques du gouvernement qui la finance.

Depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948, le discours historique et identitaire d’Israël met en avant la présence du peuple israélite en Judée et Samarie bien avant celle d’autres peuples, qui seraient, eux, arrivés ultérieurement. Certaines écoles d’archéologie se sont ainsi attelées à fouiller la terre afin de redécouvrir ces vestiges de l’époque biblique, une tâche somme toute légitime du travail archéologique. Dans le contexte d’occupation actuel, l’archéologie se voit parfois cependant instrumentalisée par le politique afin de justifier non seulement la présence historique du peuple juif en terre sainte, mais bien davantage l’occupation de la Cisjordanie, considérée par une partie des Israéliens comme appartenant au Grand Israël, Eretz Israel. Au-delà des vestiges bibliques, les fouilles archéologiques sont alors menées dans l’intention d’acquérir des terres convoitées.

Photo: Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya.  ©qantara.de
Très ancienne synagogue transformée ultérieurement en mosquée à Susya ©qantara.de

A Susya, par exemple, petit village palestinien situé dans les collines du sud d’Hébron (Cisjordanie), les ordres de démolition des installations électriques et d’amenée d’eau du village sont justifiés par l’intérêt archéologique de la région.

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