Archives du mot-clé Harcèlement

Espoir démoli

Non, il ne s’agit pas d’un tremblement de terre, mais bien d’un appartement démoli durant la nuit par les militaires israéliens. Preuves en sont les marques de démolition sprayées sur le mur restant.

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Vers 1h30 du matin, le 3 mai 2016, une centaine de soldats israéliens accompagnés d’ingénieurs de l’armée sont arrivés vers un immeuble de huit étages, près du puits de Jacob à Naplouse. A l’aide de grosses foreuses, les ingénieurs ont détruit tous les murs intérieurs de l’appartement, ont enlevé les portes ainsi que les cadres des fenêtres. Ils sont repartis au bout de trois heures et demi, laissant derrière eux un amas de décombres et des câbles électriques pendant au plafond.

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Duma: l’horreur continue

L’attaque atroce qui s’est déroulée à Duma, dans le nord de la Cisjordanie, le 31 juillet 2015 et qui a tué un bébé et ses parents a marqué les esprits¹. L’histoire a failli se répéter dimanche dernier: un cocktail Molotov aurait été jeté au milieu de la nuit dans la chambre du témoin principal de cette affaire. Lire la suite Duma: l’horreur continue

Vivre à proximité d’une colonie

Quand Abu Jabari a voulu faire paître ses chèvres et ses moutons samedi matin, 5 mars 2016, des soldats sont arrivés et ont menacé de tirer sur les bêtes s’il ne quittait pas immédiatement les lieux. Le berger leur a répondu que ces terres lui appartenaient puis, il a sifflé son troupeau pour l’emmener brouter plus loin.

Depuis 2001, la famille Jabari mène un combat juridique afin de récupérer ses terres usurpées par les colons. Leur propriété se trouve à « Wadi al Husein », une vallée cultivée par des familles palestiniennes se situant proche du centre ville historique d’Hébron. Deux colonies israéliennes, Kyriat Arba et Givat Ha’avot surplombent la vallée.

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Carte de l’UNOCHA, Atlas 2015.

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Firing Zone 918: démolitions très médiatiques…

Dans mon dernier article (Firing Zone 918: batailles juridiques), je relatais notre visite à Jinba au début de ce mois de février, et racontais le combat juridique et les destructions récentes. Au-delà de la situation très difficile de ce village, cet épisode a aussi soulevé des interrogations sur le rôle et les méthodes des médias.

Le 2 février, alors que nous roulons dans le 4×4 qui nous emmène sur une piste cahoteuse au sud de la «Firing Zone 918»(1), nous stoppons à Susiya où un groupe d’activistes de B’Tselem, de journalistes et de photographes nous attend. Une journaliste française nous a rejoints dans le 4×4. Elle déplie une petite carte, essaye de se repérer; visiblement, elle n’est jamais venue ici. Elle téléphone pour donner des nouvelles sur son avancement, essaye de rester ‘cool’.

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Birin: une méthode particulière de réclamer des terres palestiniennes

Les colons israéliens ont développé de multiples formes pour réclamer la terre de Palestine:

  • ils la construisent

  • ils la cultivent

  • ils y récoltent ce qu’ils n’ont pas semé

  • ils l’ entourent de murs, de barbelés

  • ils la déclarent parc naturel ou terrain d’intérêt archéologique

  • ils y célèbrent des rituels religieux, comme à Birin…

Ce matin à 6h, nous partons pour Birin. Birin est un endroit tout à fait particulier non loin de Yatta, mais situé dans la «Zone C», c’est-à-dire dans la zone dans laquelle Israël exerce toute autorité, civile et militaire. Cette zone représente plus de 60% de la Cisjordanie, qui devrait devenir, avec Gaza, l’État palestinien, selon les accords d’Oslo en 1993/1994.

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Birin : en bleu la zone C sous contrôle israélien, en violet les colonies et en jaune la zone A sous contrôle de l’Autorité palestinienne

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Plongée dans la vie d’une accompagnatrice oecuménique

Nous venons d’arriver à Yatta. «Nous», c’est la nouvelle équipe d’EAPPI qui sera basée dans les collines au sud d’Hébron de décembre 2015 à fin février 2016. Si Yatta se trouve en Zone A, en principe dirigée entièrement par l’Autorité palestinienne, notre activité va se concentrer sur la Zone C, qui est régie par l’autorité militaire israélienne. Nous allons accompagner les familles qui vivent dans différents villages dans cette zone, et qui souffrent de l’occupation à tous les niveaux de leur vie quotidienne: accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, à leurs champs et à leurs pâturages, sans parler des colons israéliens qui peuvent s’avérer agressifs voire violents…

Cet après-midi, nous voilà – mon collègue Gordon du Canada, Veronica de l’équipe sortante, et moi-même – en chemin vers Shi’b Al Butum, sur une piste qui met la voiture de notre chauffeur palestinien à rude épreuve; nous remarquons des oliveraies remarquablement entretenues. Le moindre lopin de terre est cultivé, et si le tracteur ne passe pas, on laboure avec l’âne, comme ici. Nous devons arriver de jour, c’est essentiel, car il faut faire un petit tour pour que les habitants de la colonie israélienne d’Avigayil toute proche nous voient bien. Cela s’appelle « protective presence» et fait partie de notre mandat.

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Le campement de Mohamed @EAPPI2015

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Reportage photo : La vie d’un enfant sous l’occupation à Hébron

La vie des Palestiniens vivant dans la partie d’Hébron contrôlée par l’armée israélienne est particulièrement difficile. La présence militaire omniprésente, les harcèlements des colons et les restrictions de mouvements définissent leur quotidien.

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Enfant israélien avec une arme en bois discutant avec un soldat israélien ©Mathieu/EAPPI/2015
Enfant palestinien dans une rue surplombée par deux soldats israéliens
Enfant palestinien dans une rue surplombée par deux soldats israéliens ©Mathieu/EAPPI/2015

 

 

 

 

 

 

Endossant le rôle d’EA et vivant au cœur de cette cité divisée, nous sommes fortement amenés à nous questionner sur les impacts de cette présence militaire et comment cette dernière affecte les enfants palestiniens. Perçus comme de « potentiels jeteurs de pierres », ces enfants sont régulièrement interpellés et fouillés sur la voie publique par les forces de l’ordre israéliennes.

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Enfant palestinien sur le chemin de l’école ©Mathieu/EAPPI/2015

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Sumud – Résistance et résilience en Palestine

SUMUD est un mot arabe qui signifie stabilité et résistance. D’une certaine façon, il exprime bien la force de nombreuses Palestiniennes et Palestiniens de résister, de rester sur leurs terres sans se laisser déplacer tout en exerçant différentes formes de résistance active.

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Abu Sakar lors de la rencontre dans son village d’Hadidiya ©EAPPI/2015

La discussion que j’ai récemment eue avec Abu Sakar m’a fait découvrir un exemple vivant et concret de SUMUD. Nous l’avons rencontré sous sa tente à Hadidiya après un long trajet plein de soubresauts sur une route de campagne. En arrivant nous apercevons à notre grande surprise les jolies maisons de la colonie israélienne de Roi, juste derrière le village. La colonie israélienne a naturellement une autre route d’accès directe et carrossable.

Abu Sakar est un interlocuteur intéressant. Il nous fait le plaisir de partager ses riches expériences. Il commence par nous raconter l’histoire du village:

« Comme vous le voyez, je ne suis plus tout jeune. Mais je me rappelle encore bien de l’époque où je gardais les moutons ici. Lorsque mon père était enfant, il emmenait lui aussi paître les moutons sur ces prairies. Aussi loin que nous pouvons nous souvenir, nous avons toujours vécu ici. Nous avons les titres de propriété pour cette terre de l’époque ottomane. En 1967, 300 familles vivaient ici, elles étaient encore 50 en 1997 et aujourd’hui nous ne sommes plus qu’une poignée. »

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Sud de la Cisjordanie

Bethléem, Hébron et les South Hebron Hills (SHH) sont situés dans le Sud de la Cisjordanie. Dans cette région, l’expansion des colonies illégales israéliennes pose des problèmes particuliers aux Palestinien-nes vivant dans le sud de la Cisjordanie. Les problèmes d’accès à la terre pour les agriculteurs et les bergers, la démolition de maisons et d’infrastructures, les déplacements forcés de familles, la confiscation de terres et la violence des colons sont quelques-unes des problématiques liées à l’extension de ces colonies. Les incursions militaires et les raids à des fins d’arrestation sont un des autres problèmes majeurs.

Hébron a été divisée en deux dans le cadre du Protocole d’Hébron. Depuis, la partie abritant les colonies israéliennes, au centre même de le vieille ville, est sous contrôle israélien. Cette situation est synonyme de fortes limitations pour la population palestinienne et des attaques ont lieu quotidiennement contre les Palestiniens vivant à proximité immédiate des colonies. L’une des priorités de l‘équipe d’EAPPI, est l’accès à l’éducation. Elle accompagne notamment de jeunes enfants afin de leur permettre de traverser les checkpoints militaires et de limiter le harcèlement qu’ils subissent de la part des colons et de leurs enfants.

La construction du mur et l’extension des colonies israéliennes sur les terres des villages avoisinnants ceinturent aujourd’hui pratiquement Bethléem, la coupant notamment de Jérusalem, située à quelques kilomètres. La ville abrite par ailleurs trois importants camps de réfugiés. L’équipe d’EAPPI assure une présence aux checkpoints, accompagne des habitant-e-s des villages environnants lors d’actions non-violentes contre les destructions d’habitations par l’armée israélienne ou contre le mur israélien et accompagne des écoliers à travers les checkpoints.

La région des South Hebron Hills est quasiment entièrement contrôlée par Israël (Zone C). On y trouve notamment de nombreuses zones militaires. Cette situation limite fortement la liberté de mouvement et les droits d’utilisation du sol de la population palestinienne. Régulièrement, l’armée israélienne détruit des habitations, des citernes et même des tentes. La population est également sans défense face aux attaques violentes de colons. L’équipe d’EAPPI offre une présence et documente les cas lors de destructions d’habitations et d’attaques de colons, parfois en collaboration avec des organisations israéliennes pour la paix ou le UNOHCR.

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L’équipe EAPPI de Bethléhem longe le mur pour se rendre auprès d’une famille dont la maison est cernée par la construction ©EAPPI/2014

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Nord de la Cisjordanie

Depuis la construction du mur israélien, de nombreux agriculteurs peinent à obtenir des permis afin d’avoir accès à leurs propres terres. Ceux et celles qui les obtiennent ne peuvent souvent pas traverser les barrières agricoles et checkpoints afin de cultiver leurs champs dont ils sont séparés par le mur de séparation israélien. Des incursions et arrestations sont régulièrement effectuées par l’armée israélienne dans tout le nord de la Cisjordanie. La violence et le harcèlement des colons israéliens à l’encontre de la population civile est un problème qui prend une ampleur inquiétante. Certaines familles palestiniennes qui vivent dans le nord de la Cisjordanie sont également enfermées dans la ‘seam zone’, la terre comprise entre la « ligne verte » (la frontière internationalement reconnue lors de l’armistice de 1949) et le mur de séparation israélien qui est construit largement à l’intérieur des terres palestiniennes.

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Une EA assure une présence au checkpoint de Nazlat Isa, un village situé entre le mur et la ligne verte proche de la ville de Tulkarem, pour s’assurer que les enfants vivant de l’autre côté du mur puissent se rendre à l’école ©EAPPI/2014

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